"Une journée indispensable pour faire avancer la recherche, la formation et la prise en charge", a assuré vendredi matin, Béatrice Sevadjian, directrice du pôle Ville et Hôpital à l'ARS Ile-de-France, face aux quelques 200 professionnels de santé présents à la mairie du 17e arrondissement de la capitale, à la veille de la Journée mondiale de l'endométriose. Une maladie "qui touche une femme sur dix en âge de procréer" et qui s'affiche comme "un véritable enjeu de santé publique", poursuit-elle. Car "dans chaque famille, communauté, entreprise, il y a des femmes qui souffrent. Et trop longtemps, leurs symptômes ont été minimisés", déplore Béatrice Sevadjian.  

 

Pourtant, une solution semble se démarquer : "la prise en charge coordonnée par une équipe pluriprofessionnelle". Et cela aussi bien en ville qu'à l'hôpital. Faire lien entre les deux, c'est d'ailleurs le rôle des filières Endométriose. "Notre objectif, détaille Frédérique Perrotte, sage-femme et coordinatrice de la filière EndoSud Île-de-France, c'est aussi bien de réduire le diagnostic que d'améliorer la prise en charge." Une mission possible grâce à un maillage territorial large qui permet aux professionnels de santé membres d'une filière de bénéficier de "l'avis rapide d'un confrère", d'assurer "la continuité du suivi de ses patientes grâce à un parcours coordonné", "d'adapter sa formation et de participer à des RCP".   

Une chance pour les patientes, car "la maladie touche plusieurs organes et demande l'expertise des médecins, gynécologues, sages-femmes, mais aussi des kinés et infirmières", reprend Béatrice Sevadjian. "Cette coordination, elle est indispensable pour permettre un diagnostic précoce - malgré des symptômes difficiles à identifier -, pour assurer une prise en charge de proximité - cohérente et en lien avec les professionnels de premier recours -, apporter des réponses personnalisées, mais aussi pousser l'innovation et la recherche."  

Focus

Endométriose et santé mentale

Ameline Condamine, présidente de l'association de patientes EndoFrance a profité de l'évènement pour présenter les chiffres d'une étude menée auprès de 1.500 patientes sur la santé mentale des femmes atteintes d'endométriose. "La maladie augmente le risque de dépression et d'anxiété, affirme-t-elle. Et ce n'est pas par hasard : douleur et fatigue chronique, incertitude de la maladie, sensation de perte de contrôle, impact sur la vie professionnelle, sociale, sexuelle…" Ainsi, 67%* des patientes rapportent que la maladie influence leur santé mentale. Et si seulement 21% des patientes consultent un psychologue, la moitié des patientes touchées par la maladie reconnait l'importance d'une prise en charge psychologique adaptée. Mais 53% affirment manquer d'information quant à une possible prise en charge psychologique...

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