Ils sont plusieurs dizaines de professionnels de santé ou d'acteurs de la santé à s'être portés candidats dans diverses municipalités à travers l'hexagone. Si certains n'ont pas été élus, à l'image de Geneviève Darrieussecq, ancienne ministre de la Santé et allergologue de formation, d'autres ont mené leur campagne à bon escient.
Zoom en région, auprès de ceux et celles qui agissent au quotidien pour le travail en équipe pluriprofessionnel.
Sa candidature à la mairie de la Roche-sur-Yon avait été source de tension dans la ville de 50.000 habitants. Romain Bossis, médecin généraliste, élu local au sein de l'URML et ancien président de la CPTS Centre-Vendée, a été élu maire hier soir. Une victoire, pour le candidat de la gauche unie, dont la campagne n'avait pas été de tout repos : en juin dernier, Luc Bouard, maire sortant et candidat pour une réélection, avait fait "suspendre jusqu'à la fin du processus électoral, toute relation technique avec la CPTS Centre-Vendée" au motif que Romain Bossis en était le président. Un "chantage inacceptable" pour le médecin qui avait finalement posé sa démission auprès de la CPTS. Une décision difficile, mais qui a porté ses fruits après un premier tour en tête à 46% et une élection hier soir avec 51% des suffrages. Soit 9 points de plus que Luc Bouard…
Au programme des cinq prochaines années à la Roche-sur-Yon, en matière de santé : la création d'une mutuelle municipale, l'ouverture d'une nouvelle MSP à la Vigne-aux-Roses, le développement du centre municipal de santé, mais aussi un focus sur la santé mentale avec la désignation d'un élu référent "santé mentale" et la généralisation de la formation aux premiers secours en santé mentale ainsi que la mise en place d'ordonnances vertes et d'actions de prévention en matière d'addiction, de parentalité et de santé des jeunes.
Infirmière et coordinatrice en maison de santé, co-présidente de la FemasAura&Co et d'AVECsanté, Emmanuelle Barlerin a été réélue pour un deuxième mandat à la mairie de Saint-Just-en-Chevalet, dans la Loire. "Nous allons débuter les réflexions au sujet de la réhabilitation de l'école publique, soutenir l'accès à la santé et aux services de la population, accompagner le commerce, le tourisme et les associations", a-t-elle annoncé le 15 mars dernier à l'issu de sa victoire au premier tour des municipales.
Acteur de la santé locale, George Meyer, médecin généraliste et porteur de la maison de santé du village est le nouveau maire de Saint-Donat-sur-l'Herbasse. "De par mon métier, je connais la moitié des habitants du village, il y a une proximité qui s’installe avec les années. On sait les problématiques qu’ils vivent au quotidien, parce que les médecins généralistes sont quand même des gens à qui on dit énormément de choses", avait-il confié à l'Impartial en septembre dernier.
Réélu le 15 mars dernier, au premier tour des élections, George Meyer assure qu'il continuera son activité au sein de la MSP.
Pionner de l'exercice coordonné, président de CPTS et médecin généraliste, Michel Serin a été élu maire de Saint-Amand-en-Puisaye, dimanche dernier, avec plus de 62% des voix. Une belle victoire pour celui à l'origine de l'une des premières maisons de santé du territoire nationale en 2005.
Un "grand soulagement", pour le nouveau maire qui ressent, comme à son habitude, "l'envie de travailler en équipe, de continuer pour le bien des habitants et du village", mais aussi "une certaine inquiétude" face à la "grande responsabilité à assumer pour poursuivre le développement du village et la qualité de vie des citoyens", a-t-il confié au Régional de Cosne et du Charitois.
Kinésithérapeute pour le club de football l'AJ d'Auxerre, Mathieu Debain a été élu hier soir comme édile d'Auxerre. Dans son programme, 57 propositions avec un attrait particulier pour la lutte contre la désertification médicale. Ainsi, le nouveau maire annonce "soutenir les praticiens locaux dans leurs projets de création de maisons de santé", "proposer des contrats salariés à des professionnels de santé", ou encore "créer un contrat à destination des étudiants auxerrois de première année en médecine en finançant une prépa privée en contrepartie d’une installation sur le territoire".
Porteur et président de la CPTS Nord-Médoc, Julien Dassé, médecin généraliste, est le nouveau maire de Vendayes-Montalivet. Installé en cabinet de groupe depuis la fin de ses études en 2019, il est connu pour son rôle de "médecin de famille". Pour la station balnéaire de 2.800 habitants l'hiver et plus de 30.000 en période estivale, la nouvelle équipe municipale compte sur "la création enfin d’une maison de santé, à Vendays avec mise en place d’une permanence à Montalivet, afin d’attirer jeunes médecins, spécialistes et paramédicaux".
Chose promise, chose due. Élu hier soir, Denis Bertolaso, médecin à la maison de santé de Tonneins dont il est originaire, alternera entre sa casquette de maire et celle de professionnel de santé. Au programme de son premier mandat, le professionnel de santé et son équipe espèrent "sanctuariser et étoffer l'offre de santé au sein de la maison de santé en travaillant étroitement avec les médecins salariés comme avec les médecins libéraux, et en concertation avec la CPTS locale", mais aussi "étudier l'installation d'une cabine de téléconsultation", "créer une cellule de coordination des acteurs qui soutiennent et accompagnent les séniors et les personnes isolées", ou encore, "confier à l'adjoint au maire en charge des affaires sociales la veille des spécificités liées au handicap".
"Je mise sur un travail en équipe comme dans mon métier d’infirmière", a confié Lolita Gigan, nouvelle maire de Saint-Martin-Petit, à la suite de son élection. L’ancienne infirmière souhaite placer son mandat sous le signe de la communication et du travail en équipe. "On m’a proposé de me présenter, cela s’est fait en discutant, a-t-elle confié à nos confères de Sud-Ouest. Nous sommes sept à continuer, j’apprécie la présence et l’appui d’anciens. Je peux aussi compter sur ma prédécesseure."
Richard Doinel, pharmacien, président et fondateur de la CPTS Sud-Ouest Amiénois, a été élu maire du village d'Hornoy-Le-Bourg. Celui qui se dit "confiant" pour son mandat n'hésitera pas à se faire aider par les élus municipaux : "Mes conseillers et adjoints pourront me seconder. Je sais déléguer. Surtout dans une commune comme Hornoy et ses hameaux, c’est vaste. Quand on a des gens compétents, il faut s’en servir. Le maire est le chef d’orchestre."