6 483.87 euros. C'est le montant moyen que devra débourser un futur kinésithérapeute pour sa rentrée 2026, estime l'indicateur annuel de la Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie (Fnek) publié hier. Une somme, déjà conséquente, qui cache un écart important entre les étudiants des instituts de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) publics et privés : 2859.71 euros en moyenne pour les uns contre 9 382.28 euros pour les autres… Un coût qui peut s'élever à 13.611 euros pour un étudiant extra-communautaire (hors UE) en IFMK privé.  


source : Fnek

La Fnek dénonce ainsi "des frais d’inscription à l’université partenaire multipliés par 16 dans le public comme le privé" mais aussi, "la suppression des APL et le durcissement des conditions administratives" qui in fine "transforment l’accès aux études en véritable parcours d’obstacles pour elles et eux". À ce jour, seules deux régions financent partiellement un IFMK privé : le Grand Est (IFMK de Nancy) et le Centre-Val de Loire (IFMK de Tours). 

Autre écart important : les droits universitaires des étudiants des instituts de formation publics qui s’élèvent en moyenne à 216 euros... mais 6.689 euros pour ceux inscrits dans un établissement privé, avec des frais dépassant parfois 10.000 euros par an, en l'absence de régulation nationale. Résultat, "plus (...) d’un étudiant sur quatre contracte un prêt bancaire supérieur à 27.000 euros - parmi lesquels 77 % sont inscrits dans un IFMK privé - et 43% d’entre eux travaillent en parallèle de leurs études", souligne la Fnek. Une "double injustice" pour la fédération car "les étudiants ne choisissent pas l'IFMK dans lequel ils poursuivront leurs études une fois admis dans la filière". D'autant plus qu'"ils obtiennent le même diplôme d'État, acquièrent les mêmes compétences et exerceront la même profession, tout en supportant des frais pouvant varier de plusieurs dizaines de milliers d'euros selon leur établissement de formation". 

Logement, alimentation, transports...

Au-delà des frais de scolarité, le logement demeure le premier poste de dépense, souligne la Fnek : coût moyen de 1 606.89 euros à la rentrée, dont un loyer mensuel moyen de 637 euros. Seuls 2 % des étudiants en kinésithérapie sont logés dans une résidence du Crous, malgré leur rattachement progressif aux universités. 

À ces dépenses s'ajoutent en moyenne 590 euros de frais de matériel pédagogique spécifique, que la Fnek juge "toujours imposés de manière illégale", ainsi qu'une précarité alimentaire qui toucherait 20 % des étudiants. 

Les frais de transports moyen mensuel s'élèvent, eux, à 151,52 euros.

Des inégalités territoriales sont également mises en évidence avec notamment une situation compliquée en Île-de-France, "où 70 % des étudiants sont inscrits dans le privé" avec un "coût moyen de la rentrée [qui] dépasse 10.000 euros, un coût bien supérieur à d’autres régions", alerte la fédération étudiante. 

De son côté, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) constate "une hausse moyenne de +25% du coût de la rentrée pour l’ensemble des étudiants depuis le Covid-19", et ce "sans même que les salaires aient suivi", et surtout, une "situation particulièrement alarmante voire compromise" pour les aspirants kinés. 

La Fnek rappelle pourtant "les engagements" pris par la Cnam dans l'avenant 7 signé en 2023, "qui prévoyait une harmonisation des frais de scolarité", mais dont "aucune mesure concrète n'a, à ce jour, été mise en œuvre". Elle demande la généralisation de l'intégration universitaire des IFMK afin d'harmoniser les frais de scolarité sur les droits universitaires, la régulation et le plafonnement des frais pratiqués dans les établissements privés, le retrait des mesures concernant les étudiants extra-communautaires, le transfert des bourses des formations sanitaires et sociales vers les Crous ainsi que la suppression des frais de matériel pédagogique qu'elle juge "illégale". 

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