Pour améliorer l'accès aux soins, France Assos santé souligne le pouvoir d’action des communes et intercommunalités "dans une logique de responsabilité populationnelle" et appelle à "un projet de territoire élaboré par les professionnels de santé", en lien avec l’ensemble des structures médicales du territoire (établissements de santé ou médico-sociaux, CPTS, etc.) et avec l’apport des associations d’usagers du système de santé. Ainsi, en se basant sur des diagnostics de territoire et des données locales qui mettent en lumière "les manques à tous les niveaux du parcours de soins et [permettent d']identifier les solutions adaptées à apporter", France Assos santé appelle les maires à favoriser la venue d'étudiants stagiaires sur leur territoire. Elle s'appuie ainsi sur une étude de l'Insee qui révélait qu'en 2019, la moitié des généralistes formés durant les années 2000 exerçaient à moins de 43 km de leur université d'internat. Les étudiants en médecine constituent ainsi "un levier précieux" dans la lutte contre les déserts médicaux", juge-t-elle, mais cela suppose de former plus de maîtres de stage (MSU) et de "garantir, si possible, des conditions d’accueil favorables aux internes".
Autre recommandation : créer des centres de santé et/ou favoriser l’implantation de maisons de santé. Parce qu'aujourd'hui,les médecins qui s’installent souhaitent "majoritairement" travailler en équipe, et que les centres ou maisons de santé répondent "le mieux" à cette attente. "En favorisant l’exercice coordonné entre les différents professionnels de santé qui y travaillent, ces structures facilitent le partage du dossier médical, le suivi et la fluidité du parcours du patient", assure-t-elle. Ainsi, si elles en ont les moyens, les communes ou les intercommunalités doivent contribuer à leur mise en place. D'autant qu'au-delà de garantir un meilleur suivi pour la patientèle, "ces structures peuvent attirer des médecins sur le territoire de manière plus pérenne que des aides à l’installation individuelle – lesquelles pèsent lourd sur le budget des collectivités" pour des résultats mitigés, rappelle-t-elle, citant un rapport de la Cour des comptes paru en novembre dernier.
France Assos santé propose également aux communes d'inscrire la permanence des soins dans le projet local de santé et de structurer l'offre ambulatoire de garde sur leur territoire, en lien avec les CPTS. Il s'agit donc de créer des maisons médicales de garde, des centres de santé "avec permanence" ou encore des centres de soins non programmés...
Parmi les autres propositions de France Assos santé : intégrer les notions de handicap, de vieillissement et de précarité dans le contrat local de santé pour prendre en compte les publics fragiles ; renforcer "l'aller vers" à travers notamment des téléconsultations coordonnées avec les acteurs du territoire, parce que la télémédecine "doit être ancrée dans une logique territoriale coordonnée" et que "les maires peuvent y contribuer de maintes façons, en soutenant les projets coconstruits avec les CPTS, les maisons de santé ou les hôpitaux de proximité, et en favorisant la téléconsultation assistée, dans des lieux équipés et avec un accompagnement humain", souligne France assos santé.
Les maires devraient aussi mener des actions de médiation numérique de proximité pour garantir l’accès aux droits et aux soins ; faciliter la compréhension de l'offre de soins, ou encore "favoriser et développer l'acculturation générale de la société aux questions de fin de vie".