En 2025, seules 5% des femmes déclarent avoir été directement questionnées par leur généraliste sur d’éventuelles violences conjugales lors d’une consultation récente, selon une étude publiée jeudi par la Haute autorité de santé (HAS), qui recommande "de les interroger systématiquement". En médecine générale, "le repérage des violences faites aux femmes progresse, mais de manière encore lente", constate dans un communiqué la HAS à partir de ce sondage, réalisé en ligne par l'institut Verian auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 femmes fin 2025, dont 876 avaient consulté un généraliste dans les 18 derniers mois (dans 8 cas sur 10 leur médecin habituel). Un chiffre certes en hausse par rapport aux 3% de femmes questionnées en 2022 mais qui ne représente qu'"une femme sur 20", détaille la HAS. Environ 17% des femmes se souviennent avoir été questionnées sur la relation avec leur partenaire, contre 14% trois ans auparavant. 

"Les femmes (ayant été) enceintes déclarent davantage que ce sujet a été abordé avec elles, ce qui pourrait indiquer que les médecins identifient mieux la grossesse comme une situation à risque, conformément aux recommandations de 2019", précise le document. Seules 28 % des femmes se souviennent avoir vu des ressources et informations sur ce sujet dans le cabinet médical, soit une proportion stable depuis 2022.

Crédit : HAS

Pourtant, parmi les 876 femmes ayant consulté, "une sur cinq dit subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, etc.) de la part de son partenaire, dont 21% assurent en avoir parlé spontanément au médecin, sans qu'il ne les interroge", pointe du doigt l'enquête. Le médecin est "un interlocuteur de confiance", estime la Haute autorité : puisque l'écrasante majorité des femmes se sentent à l'aise" avec leur généraliste (93%, dont 54% disent être "tout à fait à l'aise" et 39% "plutôt à l'aise").

Pour autant, 39% des victimes déclarent n'avoir rien dit alors "qu'elles l'auraient fait si le médecin les avait questionnées", et 35% pensent "ne jamais lui en parler" en cas de violences. Malgré ces chiffres, "97% des femmes estiment que le questionnement par le médecin généraliste pour faciliter le repérage d’éventuelles violences conjugales, actuelles ou passées, est une bonne chose".

Lorsque le sujet a été évoqué avec le médecin, "les femmes décrivent que le sujet a été abordé sans détour ni brutalité, l’échange est perçu comme bienveillant", et "estiment que ce questionnement s’inscrit dans le cadre d’une démarche préventive ou diagnostique". Au total, 9 femmes sur 10 considèrent ce questionnement important et légitime, un sentiment d'autant plus renforcé chez les femmes victimes de violences : elles sont par exemple 89 % à le trouver rassurant et 72 % à le qualifier de source de soulagement. 

 

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