Bien que la fonction de médiateur en santé existe depuis les années 1980, où elle a pris racine dans le milieu associatif pour lutter contre le VIH, il a fallu attendre 2016 et la loi de modernisation du système de santé de Marisol Touraine pour que le métier soit reconnu légalement. En 2017, la Haute Autorité de santé en définissait les missions : assurer "d’une part, l’accès aux droits, à la prévention et aux soins auprès des publics les plus vulnérables ; d’autre part, la sensibilisation des acteurs du système de santé sur les obstacles du public dans son accès à la santé". Cinq ans plus tard, en conclusion du lancement du Conseil national de refondation, en octobre 2022, François Braun, alors ministre de la Santé, déclarait qu'il fallait "repousser les frontières de la santé, pour atteindre tous ceux de nos concitoyens qui ont des besoins spécifiques" et que "la médiation en santé est une clé de notre action collective".
Pourtant, dix ans après sa reconnaissance, cette profession reste encore peu encadrée et répandue en France. À l’occasion de la Journée de l’exercice coordonné (Jexco) qui s’est tenue jeudi 11 juin 2026 à l’Asiem (Paris 7e), professionnels et médiateurs en santé se sont réunis pour faire le point sur ce métier encore mal compris des professionnels de santé eux-mêmes.
"C’est un métier qui commence à s’organiser, assure Mahamane Traore, médiateur en santé à la CPTS Paris 10. J’ai une fonction de repère pour le patient. Selon son degré d’autonomie, je l’accompagne dans sa prise de rendez-vous ou pour faire le lien entre différentes structures de soins." Une communication facilitée par le fait qu’il parle anglais ainsi que plusieurs dialectes d’Afrique de l’Ouest, "dont sont originaires beaucoup de nos usagers", poursuit-il. Mahamane Traore peut être sollicité par un professionnel pour s’occuper d’un patient dans le besoin ou rencontrer ce dernier à une permanence du 10e. "Mon bureau est ouvert tous les jeudis après-midi sans rendez-vous. Et de plus en plus de patients poussent ma porte après qu’un soignant leur en a parlé", se félicite-t-il.