Dix ans après être entré dans le métier, une infirmière sur deux a quitté l’hôpital ou a changé de métier. Et 1 sur 10 exerce désormais en libéral, révélait la Drees en 2023. "On a constaté un désengagement de certaines infirmières*, surtout après le Covid qui a fait beaucoup de mal à la profession, commente Antony Ricci, vice-président de l’Ordre national des infirmiers, lors d'une table ronde au Salon infirmier, le 25 mars dernier. Progressivement, on ressent tous le manque d’argent, les difficultés dans les établissements et ça rebute un peu les étudiants aussi." De là à annoncer une hécatombe ? Le représentant de l’ONI n’y croit pas, car "fort heureusement, on a une diversité dans notre mode d’exercice, assure-t-il. C’est une chance, ça nous ouvre des opportunités et ça permet d’éviter la lassitude, la routine." 

Autour de la table, l’avis est assez partagé. Laurence Laignel, présidente de l'Association française des directeurs de soin (AFDS) et coordinatrice générale des soins au CHU d’Angers s’en rend compte presque tous les jours : "Les abandons de la profession, ça a toujours existé mais désormais, on trace ces départs. Je me rends compte que les jeunes ont sans doute moins peur du changement, qu’ils ont envie de respirer ailleurs et ils ont donc des expériences très différentes au cours de leur carrière." C’est le choix qu’a fait Daniela Monteiro Borges. Cette ancienne aide-soignante est aujourd’hui en troisième année de soins infirmiers à l’Ifsi Avicenne-Jean Verdier à Bobigny. Son leitmotiv : "s’appuyer sur le savoir-faire des plus anciens et apprendre à travailler tous ensemble." 

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