"On ne sauve pas la médecine de proximité en ajoutant des contraintes. On la sauve en redonnant du temps, de la confiance et une juste valeur à l'acte médical", assure Moktaria Alikada, présidente de Médecins pour demain, dans un communiqué de presse publié hier soir. En vue des prochaines présidentielles, l'association a adressé aux candidats "30 propositions pour sauver la médecine libérale", dont "trois priorités pour sauver la médecine de proximité".

Médecins pour demain appelle donc les candidats à "remettre le médecin traitant au centre du parcours de soins". Car au-delà des structures de soins non programmés "indispensables" à la permanence des soins et de la téléconsultation qui "facilite parfois le recours au soin", ce recours doit être structuré "autour du parcours de soins coordonné". Pour l'association, le développement de ces dispositifs doit être "conditionné à leur adossement à la médecine de ville existante"

Il faut également revaloriser la consultation médicale à 50 euros "d'ici la fin du prochain quinquennat", assure l'association qui réitère ainsi une revendication de longue date. Face à la "complexification croissante" des prises en charge, c'est là "le principal levier documenté pour enrayer la désertion de la médecine libérale", insiste-t-elle. "Le nombre de médecins français installés en Suisse est passé de 279 à 817 en dix ans, tandis que l'Allemagne, qui pratique la coercition à l'installation depuis vingt ans, anticipe malgré tout un manque de 11 000 généralistes en 2035. Une consultation mieux valorisée, c'est une consultation plus longue – donc une meilleure qualité de soins."

Enfin, Médecins pour demain demande la suspension des mises sous objectifs (MSO) et la fin de la double peine financière et conventionnelle "qui pèse" sur les médecins libéraux. "Pour 25 millions d'euros d'économies annoncées – 0,03 % des dépenses de l'Assurance maladie – ce dispositif installe une défiance dont le coût réel, en perte d'adhésion et en départs de médecins, dépasse largement le gain affiché". Pour l'association, le paiement à l'acte reste "la garantie que chaque décision médicale est prise dans l'intérêt exclusif du patient".

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