Autre thématique, mêmes protagonistes et soubresauts. Depuis un mois, les équipes médico-sociales impliquées dans l'expérimentation "Structures d'exercice cordonné participatives" – et toutes celles qui font de la santé communautaire hors "article 51" – s'indignent du sort réservé à ce dispositif qui s'adresse principalement aux quartiers prioritaires (voir p. 50). Épisode 1, 29 janvier : le ministère de la Santé annonce l'arrêt de l'expérimentation Secpa au 31 avril 2026, alors qu'elle est en période transitoire, ainsi que les financements associés. Épisode 2, 9 février : Stéphanie Rist s'engage à maintenir les financements jusqu'à fin octobre. Épisode 2 bis : elle propose un relais via une enveloppe FIR/France santé avant d'intégrer le modèle dans les discussions du PLFSS pour 2027. Risible quand on sait que l'expérimentation a été évaluée positivement et devait tranquillement poursuivre sa route vers le droit commun. Frustrant parce que les "petites galères" d'hier (organisationnelles, humaines, logistiques) – réglées par le modèle Secpa – risquent de (re)devenir, demain, le lot des équipes.
Supprimer les financements Secpa n'est pas un choix motivé par des questions d'économies. Son enveloppe (14 millions d'euros en 2025) représente à peine 0,005 % du budget global de la Sécu... En revanche, rogner sur la santé communautaire aura une forte incidence sur le recours aux urgences, sur les difficultés d'accès aux soins, le non-accès aux droits, la difficulté des équipes en soins primaires de proposer une réponse adaptée aux besoins des populations... Ne pas (ou plus) investir dans la santé communautaire, c'est avant tout un choix politique. Comme la décision de restreindre l'accès à l'aide médicale de l'État, de baisser les financements de l'OMS, d'oublier dans un tiroir certains plans nationaux de prévention... Un choix loin des réalités de terrain, loin des besoins réels du système de santé. Sale temps pour la santé publique !"