L'année 2026 a été mouvementée pour les 26 équipes engagées dans l'expérimentation "Secpa", tout comme la trentaine d'autres qui attendent son entrée dans le droit commun. En juillet dernier déjà, vous demandiez aux pouvoirs publics de passer "de la parole aux actes". Quel bilan à mi-septembre ?
Maxime Bertolini : Le bilan est très inquiétant. Déjà, fin juillet, on faisait le constat que, tout le long de l'expérimentation "Structures d'exercice coordonné participatives", il y a eu un certain nombre d'engagements qui ont été pris, des annonces qui nous ont donné confiance mais qui nous ont aussi mis une forme de pression. On pense notamment aux mesures du Ségur de la santé qui évoquait un objectif de 60 structures participatives. On savait donc que tout le travail d'expérimentation, d'évaluation et de preuve de pertinence du modèle aurait un impact au-delà des 26 maisons et centres de santé pilotes. Cela toucherait aussi un collectif plus élargi et idéalement, dans un avenir plus lointain, toutes les structures volontaires.
Et puis, rappelons-le, il y a eu des engagements pris par la ministre de la Santé, en février dernier : le maintien intégral des financements pour les structures expérimentatrices jusqu'à fin 2026 (mais il manque quelques centaines de milliers d'euros pour arriver à un équilibre global, notamment parce que l'enveloppe de 50.000 euros pour une labellisation France santé ne sera perçue par l'ensemble des structures) et l'inscription du modèle de la santé communautaire dans le PLFSS pour 2027.
En ce sens, on a travaillé, avec la DGOS et la DSS, sur la définition d'un modèle économique. En se disant que si un modèle faisait consensus, c'est celui qui serait présenté au ministère. Trois modèles étaient évoqués : l'un basé sur une forme de tarification à l'acte, qui ne nous convenait pas ; un autre sur un forfait mais qui était peu adaptable et entraînait des coûts administratifs ; et enfin, un autre, un peu différent du modèle de l'expérimentation mais qui était plus pertinent, plus souple et plus économe. Car il se basait sur les éléments qui définissent la structure (patientèle, nombre de professionnels, etc.) pour calculer le financement.